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June 30 Jeune fille - Anne WiazemskyJe les écoutais parler, surprise par leur absence de curiosité, leur incapacité à s’intéresser à ce qu’ils ignoraient et qui ne les concernait pas directement. Je contemplais le buste d’un page en cire sur la cheminée qui nous effrayait un peu quand nous étions enfants ; le portrait de ma grand-mère jeune femme, au dessus de la desserte ; la pelouse et le portail au travers de la fenêtre. Et je ressentais de façon aiguë à quel point rien n’avait changé alors que je devenais moi, de minute en minute, plus radicalement une autre. « Tu t’ennuies déjà avec nous ? » Mon grand père me contemplait avec ce regard à la fois tendre et féroce qui avait le pouvoir de décontenancer tout le monde. La conversation s’interrompit aussitôt ; il profita quelques secondes du silence pour fixer tour à tour les cinq visages des cinq membres de sa famille et ajouta sur un ton suave et avec un sourire angélique : « Comme je te comprends ! » May 31 Définitions classiquesPas de moi bien sûr...
* AUTOBUS : Véhicule qui roule deux fois plus vite quand on court après que lorsqu'on est dedans.
* BABY-SITTER : Adolescent(e)s devant se conduire comme des adultes de façon à ce que les adultes qui sortent puissent se comporter comme des adolescents.
March 24 Albert Cohen - Carnets 1978Devant la glace, j’ai pensé que toutes mes apparences seraient bientôt aussi sous terre, verdies et parcheminées, peu appétissantes. Elles seraient si bien attrapées alors, les anciennes aimées, si elles me voyaient, le nez passablement disparu et, sur le trou d’une bouche d’autrefois, le rire immobile et muet des claqués. J’ai changé soudain d’humeur, car je suis jeune quoique vieillard, et j’ai souri avec langueur car j’ai revu, les unes après les autres, toutes mes merveilleuses d’autrefois.
Je crois que, parfois, un génie de la littérature est une sorte de fou qui a assez d’intelligence et de ruse pour dissimuler et utiliser sa folie. Ce que je crois aussi, c’est que, dans le génie, il y a un mariage miraculeux des contraires. Le génie, c’est avoir le cœur plein d’amour et l’œil méchant. Le génie, c’est, entre autres choses, être à la fois une douce femme qui a peur, un enfant plein de foi, qui admire trop et que la société n’a pas détruit, mais aussi un lucide vieillard sans espoir et mécréant, un étalon sensuel et surtout, surtout, un fou de sensibilité, qui sent trop, qui sent follement, qui est constamment prêt à la douleur absolue pour tout, à la joie absolue pour tout, qui souffre presque autant de ne pas retrouver ses clefs que d’avoir perdu sa femme, qui éprouve autant de joie paradisiaque à retrouver son stylo qu’à voir revenir à lui la bien-aimée qui l’avait abandonné.
O vous, frères de la terre, compagnons desquels je me tiens à distance, compagnons de la même galère, dites-moi, dites, tandis que je tiens une invisible coupe levée, dites ce que je suis venu faire en ce médiocre banquet. Du fond des âges infinis je suis venu, et me voici, si provisoire. Pourquoi, est-ce pour rien, n’y a-t-il vraiment rien ? Mon heure à moi, infime mobile, est venue et va piteusement disparaître. Où et pourquoi ? Les immobiles morts le savent peut être. Que de savoirs enfouis.
J’ai vu et j’ai jugé. J’ai vu la misère de l’honneur, loué comme sentiment noble et qui est préoccupation du jugement de la tribu et souci de continuer à en être membre. J’ai vu la misère des religions, magies d’angoisse et d’enfance, et j’ai vu que les croyants ont peur de savoir qu’il n’y a nul but et nulle raison en ce monde, peur aussi de savoir qu’ils mourront à jamais. J’ai vu les nations, toutes mortelles et méchantes bêtes. J’ai vu la misère des révolutions et que les nouveaux indignes chefs remplacent les anciens indignes chefs. J’ai vu de quoi sont faits les succès. J’ai vu à quel prix la célébrité s’obtient et qui sont les célèbres. J’ai vu les chefs politiques et ils m’ont paru, le plus souvent, comiques. J’ai vu et j’ai jugé. J’ai vu les bals de charité où de jeunes mâles et femelles s’enlacent et se tournent en de mineurs coïts, fiers de charitablement secourir de chers pauvres qui resteront pauvres. Oh, ces petites unions sexuelles habillées et atténuées. Le mâle tout vêtu prend contre lui la jeune fille toute vêtue et il se l’applique contre lui en une discrète copulation verticale. Et la mère de la jeune fille surveille la respectable et sociale conjonction et elle considère, satisfaite, le virginal giron filial voisin du convenable giron mâle, giron de bonne famille et de belles espérances. Et après la danse, les jeunes filles très animées, et pour cause, parlent de survolances élevées avec ceux qui viennent de les décemment triturer et quasiment saillir en l’honneur de la charité, une charité qui n’a jamais enlevé une roue à une automobile de riche. Assez, assez. Car il y a pire. Oui, il y a pire. Car j’ai su, désespérément su, que tout est sans raison et sans but dans cet univers, indifférent univers dont le maître est le morne hasard. J’ai su que, dans sa boule infiniment tournante, l’homme a été créé sans raison et sans but, issu le long de millions ou milliards d’années ou de siècles, issu et survenu à travers des millions ou milliards de fortuites évolutions et aveugles sélections, pauvre solitaire créature nue dans la morose infinité. O mes frères humains, combien triste est votre frère, combien triste de son lamentable savoir. February 20 de retour à Genève...Me revoilà dans le coin!
Enfin, dans le coin, tout dépend de quel coin on parle, mais mon coin à moi, c'est les Alpes qui tournent autour de Genève. Et du lac de Genève, donc (on laisse le lac léman au touristes). Et des stations de ski, avec ces empaffés de touristes (toujours les mêmes), qui osent se planter sur MES pistes de ski, pensez bien, comment peut-on laisser faire ça??
Pis en parlant tourisme, j'en fais pas beaucoup en ce moment... Bizarrement je passe plus de temps au bureau (remarquez, maintenant je connais bien la géographie de la salle de pause, la machine à café, ce genre de choses), moins de temps dans les trains et les avions. Mais tout n'est pas perdu, j'ai découvert qu'il existe une liaison directe entre Genève et Düsseldorf. Et mon chef qui me dit ça, il me dit même que je devrais trouver des vols pas trop chers, parce que bon, qui voudrait aller à Düsseldorf? Cologne, passe encore, mais Düsseldorf??
Donc me voilà dans le coin. Ni une ni deux, je contacte les quelques amis qu'il me reste, dans le coin. Et que ne decouvré-je pas? Lundi matin: je reçois une invitation au séminaire d'accueil de ma boite, début mars (génial les 60 km d'autoroute bouchonnée à parcourir avant d'arriver, fraîche et dispose, à 8h15 en séminaire). Voilà que je regarde la liste de présents, nouvellement embauchés. Et que vois-je: une camarade de primaire vient également de commencer le lundi précédent! Et elle travaille trois étages au dessous de moi! Je ne suis pas seule au monde! (Non je plaisante j'ai aussi des collègues très sympas (4 jeunes hommes, vous pensez bien), et quelques fidèles amis genevois).
Mes collègues, on est d'accord que ce serait contre la déontologie de vous raconter les potins... (comment cacher qu'il n'y a rien d'intéressant à raconter!)
Je vais plutôt vous raconter mes bonheurs avec la hotline Alice. Non, mais ça vous connaissez déjà, j'imagine. Je disais samedi soir à un informaticien, ami d'une amie, qu'on avait vraiment l'impression qu'ils lisaient leur liste de questions et que suivant les réponses, ils vous indiquaient la manip', mais qu'au fond ils y connaissaient pas plus que moi. Et l'autre me répond: ben oui, c'est pas la définition d'une hotline? Non mais bon... J'imgine toujours que les gens qui doivent me venir en aide sont compétents. Pire, j'imagine qu'ils sont intelligents. Grossière erreur, je ne recommencerai plus, c'est promis.
Mais à part ça?
Hé bien à part ça, je me rends compte que je ne connais pas "ici", que je dois prendre le temps de le découvrir, de le redécouvrir. Il y a eu tout mon refus de revenir dans le coin. Tout ce refus de cette vie-là, ce refus de revenir à la case départ. De ne vivre que ça.
Contre tout ce refus il y a eu de la raison, bien plus que de sentiments. De la raison qui me disait que la vie ici pouvait être aussi belle et aussi intéressante qu'ailleurs. Il y a eu des calculs. Des raisons que je ne voulais pas laisser rentrer en compte. Un sentiment d'égoisme, une pointe (mais seulement une pointe) de culpabilité.
Et j'ai une chance, mais une chance incroyable: je travaille avec des étrangers (comprenez, des Français, mais pas de la France voisine, non, des Bretons, Parisiens, Bordelais, Normand, des étrangers vous dis-je) (depuis que je suis partie à l'étranger je ne sais plus ce qu'est un étranger, pour moi on est tous frères, alors tout le monde et n'importe qui l'est également). Bref. Revenons à nos moutons. Travaillant avec des étrangers, je me rends compte de ce qu'ils vivent en arrivant dans la région. Ils me racontent leurs impressions, et je découvre ce qui les surprend et qui me semblait normal. Vu de leur point de vue, mon coin peut être exotique. Et ils échangent leurs adresses, les endroits où skier, marcher, faire de la luge... Je découvre tout ce qui fait la richesse de ma région et que moi, le nez collé chez moi, je n'y avais pas vu.
Donc tout n'est pas perdu. Et puisque je suis à me lancer dans des projets à long terme, autant trouver de bonnes raisons de rester ici.
Par exemple, j'ai passé presque une semaine à cheminer quotidiennement dans une rue parallèle au lac, sans aller le voir. Puis je l'ai vu, et là j'ai compris ce que je faisais ici. Genève est une ville qui a des défauts et des qualités, mais qui a uncaractère.
January 16 le post du mercrediMercredi, J-? J-7, encore 7 jours de boulot...
Je suis passée à la VHS rendre mes livres de cours, tenter de me faire payer par la même occasion... afin de pouvoir payer mes factures éventuellement. Ca pourrait être dans mes résolutions de nouvelle année ça, payer mes factures... ou faire ma vaisselle avant que l'évier déborde...
Je suis enfin remise de mes courbatures, j'ai passé deux jours avec les bras, les épaules et le dos en compote, tout ça pour avoir voulu grimper un peu, un peu comme un singe... avec une corde, bien sur, et une collègue qui m'assure, et sans qui je serais écrabouillée par terre à l'heure qu'il est. M'enfin, c'était fun, comme disent les djeunz. Faudra recommencer.
Ah vrai dire vu mon grand âge je ne sais plus ce qu'ils disent les djeunz. Mais bon faut être préparé à tout. Moi par exemple, l'autre jour j'ai appris qu'un hamster pouvait être un sex toy. Si si j'vous assure. Y vont devoir controler les entrées chez botanic maintenant. Quoi, vous les achetez où vos hamsters vous? J'vous aurais bien dit Jardiland mais parait que ça existe plus. Moi dans les sex toys j'en étais restée au canard, mais bon va falloir que je révise ma culture G.
Encore une semaine et demie, donc, dont une soirée salsa, une soirée filles chez moi, un peu de sport, des visites culturelles (sisi), une soirée avec de la caïpirinha-qu'est-de-la-vraie-parce-qu'elle-est-faite-avec-de-la-cachaça-fraichement-ramenée-du-brésil (et faite par des Brésiliens du Brésil, des vrais, de ceux qui croyaient encore que les Françaises c'était des femmes classes). Genre, les vieux préjugés, comme ceux sur les sudaméricains qu'un ami sudaméricain essayait de m'assurer qu'ils étaient faux. Accessoirement, je ne suis pas née hier, et j'en ai rencontré quelques uns dans ma vie déjà, pas besoin de m'expliquer la différence entre un préjugé et la réalité. Non mais. Et pour finir le boulot, un petit pot de départ. Et ça, c'est le truc qui tue, parce que tu sais pas si tu dois inviter les gens que tu as pas envie d'inviter mais que probablement tu es censée inviter et les gens que tu as envie d'inviter mais tu sais pas si ca se fait d'inviter des gens avec qui tu travailles pas. Pis surtout, aie aie aie le porte monnaie! Je plaisante... C'est toujours un plaisir de vous voir... enfin...
Puis vient l'autre question existentielle: c'est quand que je reviens? ou plutot: c'est comment que je fais pour revenir? Un ami m'a dit que je mettais encore plus de distance entre nous en partant à Genève. Oui, mais la distance, c'est relatif non? Si c'est pour ne pas se voir de toutes façon, peu importe le nombre de kilomètres. Et il n'y a pas d'avion pour Cologne, ni Düsseldorf, de Genève. Snif... Adieu mon rêve de revenir un week end pour le Carnaval... C'est totalement ungünstig d'être restée 11 mois, mais de mars à janvier, dans la région.
Vendredi soir j'ai passée une soirée déjantée, avec des fous, de ceux qui chantent à tue-tête dans la rue (non non c'était pas moi ça), qui se mettent à genou pour prier sur les escaliers roulants, qui sautent de partout sur DJ ötzi... Et y'a bien que des poivrots comme nous pour se retrouver dans le bar de la gare, avec tous les vieux bizarres qui boivent leur kölsch ou leur altbier, mais qu'est-ce qu'on ne ferait pas en bonne compagnie? Ah, et j'ai appris un bon truc, quand ton copain/copine te demande de qui c'est le SMS, c'est toujours de Vodafone (SFR/Orange/O2...). Dans mon inénarrable naiveté je réponds toujours à mon chaperon "c'est un collègue" avec toutes les questions qui s'ensuivent... rrrrho mais juste un collègue c'est bon pas la peine de me regarder comme ça!!!
Samedi pour racheter mes péchés je suis allée me balader sur le toit de la cathédrale de Cologne, j'ai appris à bien regarder les gargouilles, sur cette cathédrale là on peut être surpris! Et j'ai vu cette ville d'un autre oeil. Elle m'a apprivoisée avec le musée du chocolat (et un bon chocolat chaud), et m'a définitivement convaincue avec une bonne taverne traditionnelle, toute prête pour le carnaval déjà (depuis le 11 novembre?). Tout à coup le Rhin avait meilleure mine...
Bon, et pour le reste: 2008 sera l'année qui palpite (je n'ai pas trouvé de meilleure rime écrivable, si quelqu'un a une autre idée).
Et pour le reste, va falloir inventer un quotidien qui palpite, trouver comment on peut passer 10 ans de sa vie dans un endroit et faire quand même plein de choses passionnantes, rencontrer des gens nouveaux... Un collègue m'a donné une petite idée. Merci pour l'optimisme!
January 02 Une nouvelle année qui commence...Une nouvelle année qui commence, et qui commence pleine de promesses: un nouveau job, une nouvelle ville, un nouvel appart, une voiture. Et tout un environnement à construire: que faire, où, avec qui. Il serait temps de cesser de constuire pour partir tout de suite après... peut-être...
J'ai rencontré ici quelques personnes qui me manqueront, avec qui je ne sais pas si je garderai le contact. Plein de promesses... comme d'hab. J'aurais presque hâte d'y être déjà pour voir qui pensera encore à moi, "après". Qui vivra verra... Une bonne surprise dans ma boite aux lettres: une carte de voeux d'une de mes élèves, qui me souhaite tout de bon pour la suite, et me dit que le cours lui a plu. C'est toujours un petit rien qui fait plaisir, quand on rentre du boulot, qu'on est fatiguée et enrhumée...
Alors voilà, je commence l'année avec de la neige (c'est pas de la Winterstimmung ça? un beau cadeau pour le premier jour de l'année...en marchant 10 minutes dehors je me retrouve toute blanche...), un bon rhume, des voeux, pas de résolutions.
Cette année j'ai décidé de remplacer les (bonnes) résolutions par l'horoscope... qui n'a pas moins de chances de se réaliser que les résolutions, alors tant qu'à faire, c'est plus drôle.
Et j'ai commencé aussi par le jeu du plomb: j'ai trouvé une clé (mein Vorhaben wird gelingen) et ma chance cette année, tirée dans un gateau bulgare: "neues Haus". En effet...
Voilà donc plein de chance pour l'année à venir... Mais un peu trop raisonnables... Sans fantaisie... Il va donc falloir remédier à ça... Ce que je veux le plus, ce n'est pas forcément la réalisation de mes buts, mais un petit peu de surprise, que le destin ait un peu d'imagination... Mes buts, certes j'y arriverai, à la force du poignet. Mais une vie n'est pas réglée sur du papier à musique, elle peut avoir d'autres directions que celle anticipées.
Bref. Sur ce, je vais soigner mon rhume, et je vous souhaite bien le bonsoir, mesdames et messieurs. December 25 Das Goldene Notizbuch - Doris LessingErwachsen werden ist schließlich nur das Verstehen, dass die eigene einzigartige und unglaubliche Erfahrung das ist, was alle erfahren.
Ich sage diese Studenten, die ein, zwei Jahren damit zugebracht haben, Abschlussarbeiten über ein einziges Buch zu schreiben: „Es gibt nur eine Art, Bücher zu lesen, nämlich die, in Bibliotheken und Buchhandlungen zu stöbern, Büchern mitzunehmen, die einen interessieren, und nur die zu lesen und sie wegzulegen, wenn sie einen langweilen, oder die Längen zu überspringen – und niemals, niemals etwas zu lesen, weil man glaubt, man müsste, oder weil es zu einer Richtung oder Bewegung gehört. Denk daran, dass das Buch, das dich langweilt, wenn du zwanzig oder dreißig bist, eine Offenbarung sein kann, wenn du vierzig oder fünfzig bist – und umgekehrt. Lies kein Buch, wenn nicht die Zeit dafür gekommen ist.
December 10 Retour vers le passé 3.0Retour d’Innsbruck. Après 2 ans et demie où je raconte à tout le monde comment Innsbruck, c’est bien, et que ci, et que ça… Fallait-il venir faire le constat sur place, que Innsbruck, c’était terminé ? Non, cela je le savais déjà, je l’ai re-constaté en y allant : une très belle ville, où je me sens bien, mais sans sentiments particuliers. On a parfois besoin de revoir ses ex pour s’apercevoir que tout est vraiment fini… mais rien n’empêche de trouver encore du charme à ses ex, et en l’occurrence, Innsbruck reste une ville très agréable. Une ville gemütlich, où l’on se sent bien… une ville de vacances : perdue dans les montagnes, avec les petits villages aux clochers ronds et aux maisons peintes… aux alpages, aux chalets. A la neige qui invite au ski. Aux forêts. Et la ville elle-même, l’Inn que j’aime toujours autant, les maisons colorées, la cathédrale, le marché de Noël… Et aussi pour toutes ces raisons qu’Innsbruck est une ville particulière : le stand de Thomas, le café sur les toits de la vieille ville que les touristes ne connaissent pas… les petits coins plus cachés, la fac, l’arrêt pour changer entre le bus F et le bus O devant la boulangerie… tout ça tout ça… Mais la vie suit son cours… Les vieux potes avec qui on a passé les meilleures soirées se sont rangés, construisent maison et famille, prennent un poil d’embonpoint… Ca fait bizarre de les retrouver en pères de famille… Et moi et moi et moi ? J’ai fait quoi moi de tout ce temps ? Je suis en retard moi si je n’en suis pas à ce stade-là de ma vie ? Non sûrement pas… différence d’âge (un peu), de rêves, et on a fait des choses différentes dans nos vies… Eux ne sont jamais partis en Erasmus, n’ont jamais vécu à l’étranger, n’ont pas pris le risque de perdre un peu de ce qu’ils avaient construit en partant… Chacun sa vie… Mais si j’habitais à Innsbruck, ce serait sûrement aussi de cette vie là que je rêverais… Bref, je me suis aussi amusée à repérer toutes les différences, les cafés ou restos qui ont changé de nom, les nouveaux bâtiments… le jeu des différences… C’est drôle d’arriver dans une ville que l’on connaît, d’avoir ce sentiment de tout retrouver au fur et à mesure… il y a une couche de poussière sur ces souvenirs, et pas à pas on redécouvre émerveillé qu’on connaît cette ville, que les souvenirs reviennent… J’ai retrouvé la Treibhaus, dont j’avais oublié le nom, mais pas cette petite boite avec un nom en « Blue » en bas d’un escalier, quelque part sur le bord de la Maria-Theresien-Strasse… Passer devant le Hafen, le Stadtcafé… Horreur ! La Proseccheria a changé de nom, elle porte un nom hideux que je n’ai pas daigné retenir… Ils sont bizarre ces tyroliens... Ils s'appellent tous Hofer (Thomas le marchand de Weihnachtsschmuck, Andreas le héros local, même Aldi s'appelle au Tyrol Hofer...), ils font des Kindergärten dans la Schlachthofgasse (ils ne sont pas encore au niveau d'ironie des Berlinois: quand vous arrivez à Berlin en train, dans la nouvelle gare, la gare centrale, vous êtes accueillis par un "Bombardier. Wilkommen in Berlin"...). Et peut être l'impression que les Autrichiens sont hypercivilisés, en bien comme en mal. En tout cas en bien, très polis. Bref… j’ai laissé dans cette ville un peu de moi-même… Et pour répondre à un ami qui me disait que sa meilleure année était celle de ses 23 ans, la mienne, c’était celle que j’ai passé à Innsbruck. November 26 Le Monde - 24/11/07 - Barbara, intacte et lumineuse
November 25 Budapest and Co.Je reviens de Budapest.
J'ai rêvé de ce voyage pendant toute une semaine, ça devenait une obsession, j'ai saoulé tout le monde à parler de ce voyage. Maintenant je suis de retour. Et je ne sais pas quoi dire.
Tout d'abord que c'est une très très très belle ville. Que quand tout aura été restauré, si cela est possible, ce sera encore plus beau. Que c'est aussi très difféerent de Prague. Prague qui est également une très belle ville, mais qui devient un "eurodisney pour touristes", et ce n'est pas péjoratif, simplement Prague est envahie par des hordes de touristes. Et il faut reconnaitre que les Pragois font tout ce qu'il faut pour que les touristes aient des raisons de venir, et de revenir. Budapest est aussi très touristique, mais quand même moins. Budapest donne l'impression d'être une très grande ville, existant dans une vie parallèle aux touristes.
C'est aussi une ville qui soulève chez moi plein de questions, sur l'histoire, sur le traitement de l'histoire et de la mémoire, sur le communisme, le fascisme et le nationalisme. Sur le développement économique, quand on voit certains boulevards qu'on pourrait retrouver à Paris, quand on voit les chaines de magasins chers comme dans toutes les capitales ouest-européennes, et peu de magasins et peu de restaurants autres. Des immeubles en ruine, et des mendiants. Des mendiants, il y en a autant à Paris certes. C'est une ville remarquablement organisée, les transports en communs sont parfaits, les bains sont un luxe accessible et très agréable. Comment dire ce malaise que j'ai eu parfois?
Il est sans doute dû en partie à une frustration, celle qui me fait dire que je n'aime pas faire du tourisme. Que je n'aime pas visiter une ville. Que cela me laisse très frustrée, ayant la sentiment d'être là en visiteur (ben oui quoi d'autre?), j'arrive, je prends des photos, j'envoie des cartes postales et ciao! Cette superficialité... voir et laisser glisser... rentrer chez soi ou repartir pour une nouvelle destination...
Je déteste ne rien comprendre de ce que je vois. Ne pas savoir d'où tout vient, le pourquoi, le quand, le comment...
Et pourtant je sais bien que le tourisme, malgré sa superficialité, est quand même un pas en avant. Un peu mieux que "ne rien connaitre du tout"...
November 13 Ich- ein anderer. Imre KertészDas grelle Morgenlicht in der Imbissstube der Graf-Starhemberg-Gasse. Die leichte Irrealität des Lebens, dieser lockere Humus, auf dem später die Erinnerungen wie flammender Mohn erblühen.
Die Welt nicht zu verstehen, bloß weil sie unverständlich sei, ist Dilettantismus. Wir verstehen die Welt darum nicht, weil das hienieden nicht unsere Aufgabe ist.
Alte Parteiführer äußern sich im Fernsehen. Sie „glaubten“ an die Partei. Sie „glaubten“, dass „Irrtümer“, „Fehler“ passiert seien, aber sie „glaubten“ zum Beispiel, dass „Stalin davon nichts gewusst“ habe. Usw. Doch wäre es falsch, anzunehmen, sie hätten solche Gemeinplätze nicht mit echten Inhalten, ihren sogenannten „Glauben“ nicht mit echten Gedanken oder Gefühlen verwechselt. Die daraus zu ziehende Lehre: diese Menschen haben ihr Leben auf einen falschen Gebrauch der Sprache gebaut. Schlimmer noch, sie haben diesen falschen Sprachgebrauch zum gültigen Konsens erhoben und haben bei ihrem Abgang lautre Sprachgeschädigte zurückgelassen, die nun dringend moralische Soforthilfe benötigen, da die durch den falschen Sprachgebrauch wertlos gewordenen, wie Papierfetzen zerfasernden Worte plötzlich ihre moralische Verletzungen zu enthüllen scheinen. Moralische Prothesen klappern, moralische Krücken knarren, moralische Rollstühle rollen, wohin ich auch blicke.
Wir sind uns einig, dass eine unheimliche Entwicklung ihre Schatten vorauswirft. Die Vorzeichen des Grauens sind überall und in allem erkennbar. Die rationale Sprache vermag diese Symptome nicht annähernd zu fassen. Man muss zu alten Sprachen greifen, zur Bibel, die von Satan weiß und das Weltende kennt.
Vergiß nicht den Traum, der dich wiedergeboren hat. Vergiß nicht deine Eltern. Vergiß nicht, dass du im tiefen Traum das von ihnen empfangene Leben angenommen hast. Vergiß nicht das Versprechen, das dieses Leben birgt. Vergiß nicht, daß dieses Versprechen an Bedingungen geknüpft ist, ja dass du die Einlösung dieses Versprechen einzig in der Erfüllung seiner Bedingungen suchen musst. Du verlangst doch nicht etwa eine Zugabe?
Berlin, die wechselvolle Vereinigung der geteilten Stadt. Überhaupt verblüfft, dass die Vereinigung gar nicht erwünscht ist. Eine antikreative Erfahrung. Sie löst Wut aus, ohnmächtige Gereiztheit in Anbetracht der plötzlichen Raumausdehnung, der wachsenden Möglichkeiten, vor allem aber der drängenden, unaufschiebbaren Aufgaben. Ängstlich horcht das altersschwache Europa auf: Es hat sein seit Jahrzehnten verfolgtes angebliches Ziel erreicht, ist jetzt aber äußerst erpicht, alles abzuwehren, was ihm Taten abverlangen, was zum Nachdenken, zur Erneuerung, zur Kreativität anregen könnte. Das bärtige Europa gleicht einem alten Geizkragen, der dem Mädchen, das ihn bei der Damenwahl zum Tanz auffordert, einen Stockhieb versetzt, da er nur eines mutmaßt: man wolle sein Geld. In solcher Kleinkariertheit steckt die Vorahnung drohender Sklerose und des eigenen Endes.
Ihr verlangt doch nicht, dass ich meine nationale, konfessionelle und rassische Identität formuliere? Ihr verlangt doch nicht, dass ich eine Identität habe?
Ich verrate euch: Meine einzige Identität ist die des Schreibens. (Eine sich selbst schreibende Identität.)
Wer ich sonst bin? Wer wüsste es?
October 08 Madonna- The Power of GoodbyeFreedom comes when you learn to let goCreation comes when you learn to say noSeptember 15 La rentréeLe week end dernier, j'étais à Prague. Vieux rêve, voir Prague.
Le wekk end d'avant, j'étais à Brême. Aussi une belle ville.
L'automne est maintenant arrivé, j'ai commencé les cours de français, je m'habitue à l'idée qu'il n'y aura plus d'été. Puisque c'est ainsi... j'en prends mon parti.
La rentrée, c'est toujours le moment où je m'énumère tout ce que j'ai fait. Et où je prends de bonnes résolutions, qui ne tiendront évidemment pas jusqu'au prochaines bonnes résolutions, mais peut être que l'essentiel c'est de les prendre, pas de les suivre. De mettre des mots sur des choses.
En un peu plus de six mois ici, j'ai appris beaucoup, j'ai fait plein de choses. Natürlich. J'étais venue avec l'idée que j'allais acquérir une bonne expérience sur le plan professionnel, que cela me laisssait un peu de temps pour réfléchir sérieusement à ce que e voulais faire ensuite, que j'allais apprendre mieux l'allemand, que j'allais rencontrer des gens, prendre le temps de sortir, voyager, etc.
Je me rappelle encore le premier soir en arrivant dans l'immeuble, j'ai rencontré une collègue francaise avec qui j'ai fait connaissance. Elle portait un T-shirt de l'entreprise, et je me suis dit: "Moi aussi je veux un T-shirt comme ça", "Moi aussi je veux participer à cette course avec les autres, cette année où je suis ici". Et je l'ai fait, et j'ai mon T-shirt (très important le T-shirt ;-)). Elle m'a dit aussi, je m'en souviens, "T'inquiète pas, on est une bonne bande sympa, il y a des jeunes dans leur trentaine, on sort régulièrement etc". Et moi qui me disais: Dans la trentaine??!! C'est jeune ça? Trente ans m'apparaissait presque un âge canonique. Et mercredi soir, après un ciné, je suis allée boire un verre avec une de ses collègue (mariée 2 enfants, une jeune, donc) et trois de ses amies. Et l'une allait avoir 40 ans cette année. Hé bien je ne l'aurais jamais cru! Comme quoi, après six mois, je me suis habituée à considérer que même à 40 ans, on pouvait être encore jeune. Mais quand même... 40 ans, c'est aussi l'âge de ma cheffe, et elle, même si elle n'est pas vieille, on sent quand même qu'elle a un autre âge. Une autre maturité, une autre phase de la vie. Elle qui me dit: "Mais voyagez, profitez-en, vous n'aurez jamais autant de temps que vous n'avez en ce moment. Et elle a probablement raison. Sauf à la retraite. Mais je ne vais quand même pas attendre!
Bref, donc je me suis habituée aussi à être la plus jeune, presque le petit bébé. Parfois c'est gênant. Mais je me dis aussi que je n'ai pas à me faire du souci: ils étaient où, eux, à mon âge? Et l'âge, ça dépend des personnes. C'est dans la tête. Pour de vrai.
Je fais aussi le compte du temps qui me reste, des endroits où je veux encore aller. Je ne suis presque pas allée à Düsseldorf, Cologne, Aix-la-Chapelle, qui sont pourtant tout près d'ici. J'aurais vu en 6 mois et demie pas mal d'endroits: Berlin, Hambourg, Leipzig, Brême, Münster, Nürnberg, Lübeck, Schwerin, Stralsund et Rügen, Rostock (+ Heiligendamm, rendons à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu), Trier. Plus Amsterdam, Rotterdam et Prague. Des week-ends sont déjà prévus pour Francfort et Bruxelles. Innsbruck aussi. Christkindlmarkt. Göttingen aussi. Ca me rappelle la chanson de Barbara...
Bien sûr, ce n'est pas la Seine,
Ce n'est pas le bois de Vincennes, Mais c'est bien joli tout de même, A Göttingen, à Göttingen. Pas de quais et pas de rengaines Qui se lamentent et qui se traînent, Mais l'amour y fleurit quand même, A Göttingen, à Göttingen. Ils savent mieux que nous, je pense, L'histoire de nos rois de France, Herman, Peter, Helga et Hans, A Göttingen. Et que personne ne s'offense, Mais les contes de notre enfance, "Il était une fois" commence A Göttingen. Bien sûr nous, nous avons la Seine Et puis notre bois de Vincennes, Mais Dieu que les roses sont belles A Göttingen, à Göttingen. Nous, nous avons nos matins blêmes Et l'âme grise de Verlaine, Eux c'est la mélancolie même, A Göttingen, à Göttingen. Quand ils ne savent rien nous dire, Ils restent là à nous sourire Mais nous les comprenons quand même, Les enfants blonds de Göttingen. Et tant pis pour ceux qui s'étonnent Et que les autres me pardonnent, Mais les enfants ce sont les mêmes, A Paris ou à Göttingen. O faites que jamais ne revienne Le temps du sang et de la haine Car il y a des gens que j'aime, A Göttingen, à Göttingen. Et lorsque sonnerait l'alarme, S'il fallait reprendre les armes, Mon cœur verserait une larme Pour Göttingen, pour Göttingen. Mais c'est bien joli tout de même, A Göttingen, à Göttingen. Et lorsque sonnerait l'alarme, S'il fallait reprendre les armes, Mon cœur verserait une larme Pour Göttingen, pour Göttingen Hé oui... L'Europe, une évidence? Cette Union Européenne, il ne faut pas oublier qu'elle est née des guerres. Et de la nécesité de n'en avoir plus. La paix n'est pas que l'absence de guerre, c'est une forme presque "anormale" que l'Europe tente d'inventer depuis 60 ans.
Si j'avais eu quelques doutes sur l'élargissement à l'est de l'UE, cette visite à Prague m'aurait convaincue qu'il ne s'agissait vraiment que de rétablir une vérité. J'ai rarement vu une ville aussi européenne. J'attendais la Prague baroque, celle des cartes postales, et j'ai découvert aussi la Prague Art Nouveau. L'influence croisée des Habsbourg et du catholicisme, imposant le baroque, et la Renaissance tchèque avec l'art nouveau, l'affirmation d'une identité propre et athée.
On se dit que le communisme n'a été qu'une parenthèse. Qu'il n'a pas marqué la ville. La culture. Que le temps est une drôle de chose. Que l'Histoire se fait sur des temps longs. Que le territoire tchèque a toujours été européen, et que pendant longtemps, nous petits Français, nous l'avons oublié. Que la pauvreté reste, encore. Qu'il y a, c'est certain, des différences de niveau de vie. Et de manière de vivre. Mais que ça finalement au regard de ce qui nous relie, c'est superficiel.
A Prague, je me suis aussi retrouvée par hasard dans un restaurant russe (pardon, soviétique, il s'agissait de rassembler tous les gens qui venaient d'URSS - je ne sais pas où ils ont fait leur étude de marché, mais enfin), où j'ai rencontré des gens super sympas mais un peu bizarres quand même. J'ai passé ma soirée à écouter des chansons russes et à manger des choses aussi bizarres, pour moi petite Française, que des Gurken, du hareng, du pain noir avec du lard, des pilmini (écriture phonétique, excusez l'orthographe).
Pas de conclusion aujourd'hui. Je m'en vais.
June 27 Hey JudeHey, Jude, don't make it bad Hey, Jude, don't be afraid And any time you feel the pain, hey, Jude, refrain Hey, Jude! Don't let her down So let it out and let it in, hey, Jude, begin Hey, Jude, don't make it bad June 26 Europa ist eure KosmosJeudi, je pars à Berlin. Berlin, Pariser Platz, plus exactement. Réception à l’ambassade de France. Voilà, j’avais juste envie de le dire. | ||||||||||||||||